Signaux ferroviaires
Feu-Routier.fr traite exclusivement de la signalisation tricolore routière. Cependant, il y a un cas où la signalisation routière rencontre la signalisation ferroviaire : les passages à niveau. Dans ce cas, c'est le gestionnaire de la voie ferroviaire qui est en charge de la signalisation lumineuse du passage à niveau. Dans la majorité des cas, il s'agit de SNCF Réseau, la filiale de la SNCF qui est le gestionnaire des infrastructures ferroviaires en France. Dans de plus rares cas, lorsque la voie ferrée est à vocation industrielle, il s'agit du gestionnaire de la zone (Chambre de Commerce et d'Industrie, gestionnaire portuaire), ou à vocation touristique, il s'agit de l'association gestionnaire du train touristique.
Historique : 1920 - 1930
Les premiers passages à niveau, en réalité une voie de chemin de fer croisant un chemin, datent du XIXème siècle. Ils ne sont pas pourvus de signalisation, mais seront rapidement équipés de barrières actionnées par des gardes-barrière en uniforme et armés d'un sabre.
Face à l'accroissement du trafic automobile et de l'augmentation de la fréquence et de la vitesse des trains, il devient urgent de signaler ces passages qui deviennent de plus en plus dangereux. Au début des années 1920, plusieurs types de signalisation mécaniques ont été testées sur les principaux passages à niveau. L'un de ces signaux, présenté sur la photo ci-contre et installé à l'entrée de Meaux en 1925, était composé d'un bras portant la mention HALTE, et actionné à l'approche d'un train. Un signal sonore (cloche, sonnerie ou klaxon), pouvait également compléter un signal mécanique.
Les premiers feux de signalisation utilisés pour les passages à niveau ont été installés au milieu des années 1930, tout d'abord sur les passages non-gardés qui concentraient alors la majorité des accidents. L'objectif étant non pas de signaler la présence d'un passage à niveau, mais la présence d'un train. Ces signaux étaient soient manuels lorsqu'ils étaient situés à proximité d'une gare, ou dits automatiques dans le cas des passages isolés, car actionnés par les trains eux-mêmes au moyen de détecteurs de présence installés sur les rails (pédales de voie) ou sur les caténaires (contacts aériens) dans le cas des lignes électrifiées.
Conformément à la convention internationale sur la signalisation routière de Genève de 1931, la couleur rouge correspond à un signal d'arrêt. C'est donc naturellement cette couleur qui s'est imposée pour les premiers signaux d'arrêt aux passages à niveau. Le feu lumineux a en plus l'avantage d'être visible de nuit, ce qui n'était pas le cas des signaux mécaniques utilisés auparavant.
Un des premiers modèles de signaux installés en France était d'origine américaine. Il s'agit du signal Novalux, importé en France par la firme Thomson Houston. Ce feu se rencontrait en plusieurs configurations : employé seul, complété par une croix de Saint André en tôle, ou bien employé à plusieurs exemplaires avec des couleurs différentes :
- signal jaune seul (avertissement)
- signal jaune + signal rouge
- signal vert + signal rouge
- signal rouge
L'évolution technique n'étant pas ignorée, ces signaux lumineux Thomson pouvaient être équipés en option d'un bras mécanique portant un dessin de tête de mort, sans équivoque. Ce bras était actionné automatiquement en cas d'absence de tension entrainant de fait une défaillance des feux lumineux. De la même façon, le signal sonore utilisé avant l'emploi des signaux lumineux, pouvait aussi venir les compléter.
L'alimentation électrique des signaux lumineux était réalisée au moyen d'un courant électrique industriel, mais aussi de piles non-rechargeables ou bien d'accumulateurs.
La signalisation automatique moderne
En 1947, un nouveau type de signalisation automatique lumineuse (SAL) a été testée en France. Il s'agissait d'un signal monobloc composé des éléments suivants, de bas en haut :
- en guise de socle, un trapèze recouvert de rayures rouges et blanches avec deux catadioptres
- un panneau de position en acier émaillé
- une sonnerie
- un feu rouge clignotant
- un panneau dépliable portant la mention ATTENION AU TRAIN DANGER
La principale nouveauté de ce signal est le panneau dépliable placé à son sommet, qui est replié sur lui-même en position fermée, et qui s'ouvre pour laisser apparaitre le message lorsqu'un train est détecté, en complément du feu rouge clignotant et du déclenchement de la sonnerie.
Il a été expérimenté pour la première fois en 1947 à Busseau-sur-Creuse, à l'ouest de Clermont-Ferrand, et définitivement adopté en 1948. Le deuxième exemplaire de ce signal automatique a été installé à Ervy-le-Châtel, qui lui donna son nom. En 1951, plus de 400 passages à niveau étaient équipés.
La configuration actuelle
À partir de 1955, le signal automatique de 1947 sera progressivement abandonné pour une nouvelle configuration avec des demi-barrières automatiques placées de part et d'autre du passage à niveau. Ces demi-barrières sont complétées d'un signal de position avec un feu rouge clignotant, une sonnerie, un panneau émaillé avec une croix de Saint André, et un panonceau portant la mention UN TRAIN PEUT EN CACHER UN AUTRE. C'est toujours cette configuration qui est utilisée aujourd'hui.
Le modèle de feu utilisé pour la signalisation routière des passages à niveau est le même que celui des feux ferroviaires. Il se compose d'une lampe basse tension et d'une double lentille en verre, le tout placé sur un cadre de contraste rond. Un feu est placé de chaque côté du passage à niveau, il y en a autant que de voie de circulation débouchant sur la voie ferrée. Dans le cas où le passage à niveau est traversé par une route à forte circulation, un troisième feu peut être placé sur une potence. Depuis les années 2010, les feux incandescents sont progressivement remplacés par la SNCF par des feux à LED.
Le cas particulier des voies ferrées industrielles
En dehors des passages à niveau gérés par SNCF Réseau, il existe des passages situés sur des voies ferrées industrielles, utilisées pour du transport de marchandises à proximité d'usines, ou de zones portuaires. Dans ce cas, ces passages ne sont pas équipés de signalisation SNCF, mais de feux de signalisation routière classiques. Il en est de même pour les voies ferrées utilisées exclusivement par des trains touristiques.
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